Justice internationale, Carla Del Ponte, en a-t-elle trop fait au Rwanda ? Les dirigeants de Kigali veulent sa tête: ils trouvent que la procureure suisse est trop curieuse. Elle enquête non seulement sur le génocide commis par les Hutus mais aussi sur les crimes des Tutsis. Comment la Tessinoise s’est-elle laissée enfermer dans le piège rwandais ?
Ce reportage de Temps Présent nous montre les difficultés rencontrées par la Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour faire la lumière sur les crimes contre l’humanité perpétrés par les génocidaires qui tuèrent près d’un million de Tutsis en 1994, mais aussi contre des responsables du régime de Kigali (à dominante tutsi) suspectés d’avoir commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité.

Il démontre également que la justice internationale est entièrement dépendante de la bonne volonté des états. A l’image du véritable bras de fer qui s’est engagé depuis l’an dernier entre le gouvernement rwandais et Carla Del Ponte, qui ne fait qu’entraver la bonne marche des enquêtes. Mais si les relations n’ont jamais été cordiales entre le gouvernement et Carla Del Ponte, reste un fait nouveau et peut-être déterminant: les Américains et les Britanniques ont, semble-t-il, emboîté le pas au gouvernement du Rwanda, un de leur plus fidèle allié africain, pour demander que ne soit pas reconduit le mandat de Carla Del Ponte en qualité de procureure du TPIR. Et si la tessinoise, également procureure du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie (TPIY), fait de la résistance, ce sont les récentes paroles de Kofi Annan, qui a déclaré «qu’il vaudrait sans doute mieux avoir un procureur différent pour chacun des deux tribunaux, afin d’accélérer la fin de leurs travaux», qui laissent à penser que son poste pourrait bien lui être retiré dans les prochaines semaines.

Pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette affaire, Temps Présent emmène les téléspectateurs au cœur du Rwanda, sur les traces des responsables présumés des violences de 1994 et de leurs victimes. Un reportage qui met en lumière le parcours semé d’embûches des enquêteurs du TPIR, dont les investigations sont devenues embarrassantes pour le gouvernement de Kigali et ses alliés et qui offre un éclairage sur l’enjeu politique que représentent les activités du TPIR et de sa procureure.

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